Vendredi soir en terrasse avec une cousine et une copine des années collège. Hmmm, ceux qui me connaissent savent déjà que c’est très rare pour moi, parce que les soirées filles, et les soirées en général d’ailleurs, ce n’est pas ma tasse de thé.

Ce vendredi précis marquait la fin de ma 1ère semaine d’arrêt dans ma rechute de burn-out. Je l’ai passé avec 2 battantes aux parcours très différents du mien, mais qui ont su apporter un éclairage nouveau sur ce que je traversais.


Leçon 1 : je suis humaine


Sans déconner… Moi? Pas infaillible, ni parfaite? Pas une superwoman (malgré mon amour des petites culottes par-dessus des leggings en simili-cuir)? Et surtout, pas indispensable au travail? Hélas (ou pas), oui! Une psy m’a dit un jour (ça fait leçon de vie, mais en réalité c’était il y a 4 mois) que je ne pouvais pas être TOUT pour tout le monde, tout le temps.
Comme cela m’a déjà été dit par des dizaines de personnes, c’est que c’est probalement vrai. D’ailleurs, c’est précisément ce que je dirais à quelqu’un dans ma situation. Pour autant, accepter de ne pas être parfaite, ce n’est pas aussi simple. Je ne le dis pas par excès d’égo, comme un « je suis tellement mieux que vous, populace insipide* », mais parce que ne pas être à la hauteur, être en échec, est réellement source de souffrance.


Je vous entends d’ici : « à la hauteur de quoi? », « selon les critères imposés par qui? »… autant vous dire que le travail sur moi-même est en cours, mais sera encore long.


Leçon 2 : j’ai le droit de rêver


Au cours de la soirée je n’ai pas su répondre à une question toute simple. On évoquait le bilan de compétences que j’ai commencé, et on m’a demandé : « ce serait quoi ton rêve? ». Et là, gros blanc, cigales en bande sonore, bug total.


Je sais (plus ou moins) ce que je ne veux plus. Mais je ne sais pas encore ce que je veux. Il y a bien des pistes, mais j’ai été si dure avec moi-même que je les ai catégorisées d’office dans le tiroir « irréalisable/ simple fantasme/ n’y pense même pas ma pauvre fille ». Pourtant, si ce tiroir existe, c’est bien que j’ai des objectifs, je ne m’autorise simplement pas encore à croire qu’ils sont atteignables.


Leçon 3 : je suis légitime


Mon 3ème jour d’arrêt de travail, je l’ai commencé en faisant le ménage, avec la musique à fond, en chantonnant. Mais plutôt que de me dire que je faisais avancer les choses dans la bonne humeur, j’ai culpabilisé. Si j’étais en état de bouger et de chanter, qu’est-ce qui m’aurait empêchée d’être au travail?


C’est là que le burn-out est sournois. Ce qui aide à s’en relever, c’est de couper la source de souffrance (= le travail) et de prendre le temps de se reconstruire. Alors oui, à la maison j’arrivais à prendre plaisir à faire des tâches pourtant pas très sexy. Et pourtant, je ne doute pas que si j’avais dû être au travail ce même jour, les choses auraient été bien différentes.


Le burn-out est invisible, et quand on est en arrêt de travail pour cette raison, on ne sent pas toujours légitime. Pourtant, comme me l’ont rappelé mes bonnes fées lors de cette soirée, il n’y a pas d’échelle de légitimité dans les arrêts de travail. Je ne parle pas ici des arrêts de complaisance, qui desservent évidemment la société dans son ensemble. Si un médecin que l’on connaît, qui nous connaît, et qui est consciencieux prescrit un arrêt, c’est qu’on en a besoin. Ce ne sont pas des vacances, ce n’est pas un luxe ou une envie égoïste, c’est juste nécessaire. Et si on fait confiance à son médecin pour diagnostiquer une pathologie, on devrait aussi se fier à lui pour décider de la légimité de prescrire un arrêt de travail.


Un arrêt pour un burn-out et une dépression est tout aussi légitime qu’un arrêt pour une autre maladie.


Leçon 4 : je suis une connasse (avec moi-même)


Avertissement : dichotomie hors de contrôle entre le titre et la suite 😉

Jamais, jamais, jamais, je ne parlerai à quelqu’un d’autre comme je me parle à moi-même. Pourquoi? Parce que je sais que les mots blessent, qu’ils tranchent et qu’une fois prononcés, demander pardon ne suffit pas à les effacer. Pourtant dans mes dialogues intérieurs, je n’ai pas de filtre. C’est même pire que cela, je suis méchante, dure et trop souvent injuste.
Bien sûr, je sais que la patience, l’indulgence, la bienveillance, la gentillesse et la douceur, devraient s’adresser à tous, autant à soi-même qu’aux autres. Malgré cela, je me bombarde de négativité, je me rabaisse, je me dévalorise. D’ailleurs pendant cette soirée quand on m’a demandé si j’avais lu Un esprit bof dans un corps pas ouf (Anne-Sophie Girard), je n’ai rien trouvé de mieux que de répliquer qu’il me faudrait plutôt la version « un esprit tordu dans un corps dégueulasse »… Sans commentaire…


Y a du boulot, j’y travaille. Me rendre compte que je tiens ce type de discours, c’est déjà une partie du chemin vers plus de respect et d’indulgence envers moi-même. Et d’ailleurs, après lecture du livre cité plus haut, cela fait écho au chapitre 6 : il n’y a pas d’échelle de valeur de la souffrance. Voici une citation reprise dans le livre « l’autodérision est l’expression d’une personne qui n’existe qu’à la marge. Ce n’est pas de l’humilité, c’est de l’humiliation » (Anna Gatsby); aïe.


J’ai vraiment été hors de ma zone de confort au début de cette soirée, mais qu’est ce que ça m’a fait du bien, de partager, d’écouter, d’être conseillée, de trouver du soutien et de m’inspirer des parcours de ces 2 nanas.


Et vous, quelle(s) leçon(s) tirez-vous d’une situation récente hors de votre zone de confort?


*vraiment entendu à la fin du lycée, par une nana, probablement mieux que tout le monde, qui avait « hâte de quitter la populace insipide de Haguenau ». Pour elle, je présente toutes mes excuses aux Haguenoviens!

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